• Charente
  • Charente Maritime
  • Viene / Deux-Sèvres
  • Dordogne
  • Landes
  • Lot et Garonne
  • Tarn et Garonne
  • Echo de l’Ouest
  • Gironde
Thursday, December 1, 2022

Suivez-nous

Des herbes folles qui créent du lien

spot_img

«Cest une idée qui est née pendant le confinement, raconte Camille Piantanida, illustre Moulissoise connue pour ses illustrations de livres destinés à la jeunesse. Nous étions en famille à Moulis et comme beaucoup de gens, nous avons passé beaucoup de temps dans le jardin. Et nous avons constaté que ça nous faisait beaucoup de bien au moral, y compris pour les enfants. Et puis avec les restrictions sanitaires, on a un peu souffert d’habiter dans un petit village coupé des autres, d’autant que les marchés nocturnes et tous les moments de convivialité entre villageois ont disparu. Mais toutes les fois où on a pu discuter et se retrouver entre voisins, on a constaté que, dès qu’on parle graines, semis, etc., tout le monde a beaucoup de choses à dire et à partager, quel que soit l’âge. »

C’est ainsi qu’a émergé l’idée de créer au sein du village des jardins partagés et, pour ce faire, de constituer d’abord une association baptisée Les Herbes Folles. Porté par Camille Piantanida, présidente de l’association, et sa famille, le projet a essaimé sur les réseaux sociaux puis éclos à l’été, lorsque l’illustratrice a rencontré Pascal Bodin, 2e adjoint municipal, qui a mis à disposition un très riche terrain de 800 m2 au cœur du village. Une situation géographique qui suscite déjà l’intérêt de l’école de Moulis, qui voudrait en partenariat avec Les Herbes Folles y mener des ateliers de jardinage pour les enfants ; et de l’épicerie solidaire toute proche. Et si les adhésions n’ont pas encore été officiellement enregistrées, l’association suscite déjà l’intérêt d’une vingtaine de familles moulissoises « dans les starting-blocks », s’enthousiasme Camille Piantanida. « Il s’agirait de jardins complètement communautaires. Les gens y viendront en fonction du temps qu’ils auront. Le partage de la production se fera équitablement et toute la gouvernance se fera avec les adhérents : il n’y a pas de hiérarchie. Tout le monde trouve sa mission. L’idée, c’est vraiment le partage des expériences ; peut-être qu’il y aura des gens superdoués pour les boutures ; d’autres qui voudront construire des planches pour le potager ; des gens qui n’ont jamais jardiné et qui voudront apprendre ! » En attendant, l’initiatrice du projet apprend elle aussi. « Avec mon mari, on est en formation sur la permaculture à Hortanimus. On se documente énormément et on a des gens qui s’y connaissent déjà à nos côtés. On s’intéresse aussi à ce qui se fait autour de nous : Les Écoacteurs du Médoc ont par exemple organisé l’opération ”Les Pieds dans les champs”, qui nous a permis de visiter une installation en agroécologie. On se pose énormément de questions, du type : est-ce qu’on commence à travailler la terre ou est-ce qu’on prépare plutôt nos planches pour faire nos futures lignes de potagers ? La permaculture en fait, c’est un truc de grosse feignasse : on laisse la terre faire ! C’est un moyen efficace et pas trop fatigant de préserver la terre. » Mais cultiver leurs jardins partagés, pour Camille Piantanida et les Moulissois et Moulissoises intéressé(e)s, c’est avant tout un moyen de créer du lien social, toutes générations confondues.

Un projet motivant pour les jeunes

Camille Piantanida se réjouit particulièrement de tout ce que le projet peut apporter aux plus jeunes. « On espère qu’on aura beaucoup de jeunes dans l’asso. C’est très formateur pour eux ; ça leur permet de sortir des écrans et de venir gratouiller la terre avec nous. Et puis, les jeunes, c’est l’avenir ! » L’illustratrice de livres pour la jeunesse en sait quelque chose, puisque son propre fils, Mathurin, 14 ans, s’est impliqué au premier chef. Le Conseil départemental de la Gironde a lancé un budget participatif pour des projets en rapport avec les changements environnementaux et sociétaux, ouvert à des jeunes de 11 à 30 ans. 82 projets sont actuellement en lice pour décrocher des financements permettant leur réalisation. Les heureux élus se partageront une enveloppe de 700 000 euros. C’est donc Mathurin qui a souhaité porter ce projet auprès du Département. L’argent récolté permettrait d’acheter du matériel de jardinage, de premières graines etc. Et c’est le vote du public qui déterminera les vainqueurs. Pour soutenir le projet, rendez-vous donc jusqu’au 30 novembre sur le site https://jeparticipe.gironde.fr/ et votez pour le projet des Herbes Folles !

Auteur : Raphaëlle CHARGOIS

Articles populaire

À la une

Rester Connecter

18,331FansJ'aime

Abonnez vous

AccueilLe MédocDes herbes folles qui créent du lien
ARTICLES LIÉES